La journée “ville morte” largement observée à Kinshasa

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Mercredi matin, les rues des quartiers nord de la capitale de la République démocratique du Congo étaient totalement désertes, alors qu’elles sont d’habitude déjà bien animées.
L’appel de l’opposition congolaise à une journée “villes mortes” pour exiger le départ du président Joseph Kabila en décembre était largement suivi à Kinshasa mercredi matin, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.
Dans le quartier chic et administratif de la Gombe régnait un silence inhabituel pour cette mégapole de quelque 10 millions d’habitants.
Plus au sud, dans le quartier de Kasa-Vubu, les seules âmes qui vivent sur la place des Victoires, centre de la vie kinoise, étaient une cinquantaine de policiers.
La police était d’ailleurs déployée en nombre autour de plusieurs endroits stratégiques, comme le Palais du peuple (Parlement) et plusieurs camps militaires.

Les journalistes de l’AFP ont également vu une jeep militaire et une dizaine de soldats postés à un rond-point.
Sur le plan commercial, la seule activité visible étaient celle des “mama ya mapa”, vendeuses qui arpentent les rues avec une bassine chargée de pains sur la tête.
Les transports en communs privés (minibus “207”) étaient invisibles et la circulation en général quasi-inexistante. Les bus publics qui roulaient le faisaient pratiquement à vide.
Des témoins joints dans plusieurs quartiers du centre du sud et de l’ouest de la capitale ont dressé un tableau de la situation similaire.
Rues désertes également dans le quartier populaire de Limete (est), où se trouve le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti autour duquel s’est constitué en juin un “Rassemblement” contre le président Kabila.
Une barricade non gardée coupait la route peu avant la résidence du vieil opposant Étienne Tshisekedi, fondateur de l’UDPS.
Vers 07h00 (06h00 GMT), on ne voyait aucun enfant alors que les rues sont habituellement envahies d’uniformes bleu et blanc se rendant à l’école.
Le Rassemblement a appelé à une journée “villes mortes” sur tout le territoire congolais mercredi pour adresser un “carton jaune” à M. Kabila.
Le mandat du chef de l’État expire le 20 décembre mais celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir alors que la Constitution lui interdit de se représenter.
Mardi, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord à l’issue de pourparlers qualifiés de “dialogue national” prévoyant l’élection présidentielle à une date non-déterminée d’avril 2018 et le maintien de M. Kabila à son poste jusqu’à la prise de fonctions de son successeur.

VOA / AFP

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