ISTA:THÉOPHILE MBEMBA FRAPPE !

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Consterné par les actes des violences consécutifs à l’alignement des frais académiques sur le taux parallèle décidé par la Direction, le n°1 de l’ESU suspend le DG de cet établissement

Le Directeur général de l’ISTA, le Professeur Pierre Kasengedia Mutumbe, est suspendu depuis hier soir, sur instruction du ministre de l’ESU, Théophile Mbemba Fundu. La décision est relative au réajustement des taux des frais académiques.

Le tronçon Baramoto Rond-point bon marché a affiché un visage plutôt morose hier mercredi 9 novembre dans la matinée. Route barricadée, deux véhicules brûlés, cinq cas de blessures graves, tel est le bilan d’intenses échauffourées qui ont opposé hier les étudiants de l’Institut supérieur de techniques appliquées (ISTA) aux éléments de la Police nationale congolaise.
Dès 7 heures du matin déjà, rapportent les sources proches, des groupes d’étudiants se mobilisaient dans la cour de cette alma mater, comme devant l’enclos, dénonçant ce qu’ils considèrent comme la majoration des frais académiques.
Ils se disent victimes d’une décision unilatérale prise par leurs autorités académiques. D’après leurs propos, ils sont désormais appelés à payer les frais académiques en francs congolais au taux de 1150 franc congolais le dollar, alors qu’ils etaient habitués à les payer au taux de 930 fc.
« C’est d’une part, le fait que nous sommes obligés de nous acquitter des frais d’études essentiellement en francs congolais, de l’autre ce passage d’un taux de 930fc à celui de 1150fc le dollar que nous condamnons ce jouravec la dernière énergie », rapporte un étudiant.

FOUS DE RAGE

Fous de rage, scandant des chants appelant à un rassemblement populaire, et brandissant des écrits mettant en exergue ce passage vertigineux du taux qui va 93 à 125, les étudiants se sont mis à se déployer dès 8 heures partout dans la cour de leur établissement, en quête des pneus et autres objets pour barricader la route.

Informé de la situation, le directeur général de l’ISTA, le professeur Pierre Kasengedia Mutumbe , accompagné d’autres membres de son comité de gestion, sont vite descendus de leurs bureaux climatisés pour apaiser les étudiants. Mais sans succès.
A partir de 8 heures 30 déjà, la route devant cet établissement était barricadée coté arrêt Baramoto, comme au niveau du rond-point Bon marché. Les étudiants se sont mis à brûler des pneus en travers du chemin et à scander des chansons appelant les autorités à revenir sur leurs décisions.

VEHICULES BRÜLES

Munis d’armes blanches, les étudiants s’en sont pris, à un camion qui se dirigeait vers le rond-point Bon marché. Une fois le véhicule intercepté, ils se sont mis à casser le pare-brise, avant d’y mettre le feu. Le conducteur a eu la vie sauve, grâce à l’intervention des habitants du quartier.

Après avoir brûlé le camion qui, selon certains observateurs est une propriété d’une usine de panification de la place, les étudiants de l’ISTA se sont employés à calciner une voiture stationnée juste à côté de l’arrêt Baramoto. Selon les habitants du quartier, cette voiture, qui était d’ailleurs en vente, appartient à un particulier.
Cela, avant de se diriger vers une maison à étage, nouvellement construite en diagonal de leur établissement. Ils se sont ensuite adonnés à casser les vitres de cette belle bâtisse. Ce qui a plongé le quartier entier dans une panique générale. Les avenues environnantes étaient toutes désertes, les portails verrouillés.

La colère des étudiants est montée d’un cran, lorsque quelques jeeps de la police se sont dépêchés sur le lieu pour calmer le jeu. Arrivés sur le lieu, les hommes en uniforme ont été accueillis par une pluie de pierres, doublées de quelques cocktails Molotov. A cet accueil leur réservé par les étudiants, les policiers ont répondu par des tirs des bombes lacrymogènes.
Du coup, la bagarre a éclaté entre les deux camps. Les étudiants se sont mis à attaquer les policiers. Objectif, les empêcher de franchir les grilles de leur institution d’enseignement. Une forte résistance, qui a poussé la PNC à augmenter l’effectif du dispositif sécuritaire.

Le calme a commencé à revenir à partir de 11 heures 30, avec l’arrivée sur le lieu du commissaire provincial de la PNC, le général Celestin Kanyama. Il a fallu attendre quelques minutes après pour que la vie reprenne son cours normal.
Interrogés, certains professeurs ayant requis l’anonymat, ont condamné les actes de vandalisme auxquels s’étaient livré les étudiants, tout en admettant le caractère légitime de leurs revendications.

» Nous ne voyons pas pourquoi on doit exiger aux étudiants de payer les frais académiques au taux de 115fc le dollar, alors que nous professeurs nous sommes payés jusqu’à ces jours selon le taux de 933 fc « , ont-ils déclaré.

Quant aux étudiants, ils promettent de mener une autre activité d’envergure, aussi longtemps que leurs revendications ne seraient pas prises en compte.Le comité de gestion de l’ISTA a été convoqué dans l’après-midi au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire pour une réunion technique.

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