Gouvernement : Embouteillage des candidats chez Badibanga !

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Le nombre des candidats à des postes ministériels dans le Gouvernement que le Premier Ministre Samy Badibanga est en train de former. Aux signataires de l’Accord politique du 18 octobre, dont la participation au Dialogue politique de la Cité de l’Union Africaine était conditionnée par la promesse d’un portefeuille dans l’appareil étatique, sont venus s’ajouter des opportunistes et aventuriers, prêts au chantage, qui se battent pour avoir droit au chapitre. Après qu’ils aient, en vain, déposé des CV sur la table de Vital Kamerhe, à un moment où il était donné favori à la Primature, les candidats ministres accourent à Fleuve Congo Hôtel, où travaille Samy Badibanga depuis sa nomination au poste de Premier Ministre, par le Président Kabila, en application de l’Accord du 18 octobre. Pendant ce temps, la vieille garde kabiliste dont les principaux acteurs sont au sein de l’exécutif depuis plus d’une décennie, n’entend pas lâcher prise, aux dépens de jeunes turcs, ni de femmes.

Pourtant, du Président de la République au Premier Ministre, tout le monde lance des appels aux femmes et aux jeunes pour qu’ils s’impliquent dans la politique. Le temps n’est-il pas venu de passer des mots aux actes ? Pendant que les tractations et conciliabules se poursuivent dans la haute ville, à la cité et dans les rues de Kinshasa, la population s’intéresse à autre chose. A 31 jours de la fin de l’année 2016 et à 19 jours des échéances constitutionnelles, c’est l’incertitude qui domine. Dans la partie orientale du pays, le Grand-Nord de la province du Nord-Kivu, la vie est rythmée par des tueries dont les dernières de la série ont fait, ce week-end, une cinquantaine de victimes. Comment vont se passer les derniers jours de l’an 2016 ? Difficile à prédire. Ils ne sont, d’ailleurs, pas nombreux, les éditorialistes et analystes objectifs qui osent s’amuser dans des pronostics. Les organisateurs du Dialogue de la Cité de l’Union Africaine avaient espéré que la contestation du régime serait réduite avec la signature d’un Accord politique qui reporte la présidentielle, les législatives nationales, les provinciales et les locales à fin avril 2018, tout en maintenant le Président Kabila aux affaires, accompagné pendant la période transitoire d’un Premier Ministre issu de l’Opposition dialoguiste. De facto, toutes les manifestations politiques pour s’opposer à l’application de l’Accord sont interdites. A Kinshasa, la police a réussi à étouffer dans l’œuf, le 5 et le 19 novembre, deux meetings du Rassemblement de l’Opposition, conduit par Etienne Tshisekedi. Le signal radio de RFI est toujours coupé et celui de Radio Okapi a été brouillé pendant quelques jours. Dans le camp du pouvoir, il se développe un sentiment de satisfaction sur la capacité des forces de l’ordre à empêcher les manifestations de l’Opposition tshisekediste. Si tout se passera comme le 5 et le 19 novembre ; il n’y aura rien le 19 décembre 2016, dit-on. D’ailleurs, tous les hommes épris de paix ne veulent pas de troubles. C’est dans ce cadre qu’il faut situer les efforts de la CENCO, soutenue par les USA, la Belgique et l’Union Européenne, déployés auprès des protagonistes de l’actuelle crise politico-électorale en RDC. Mais, la médiation de la CENCO tarde à produire des résultats palpables. Tout ce que l’on sait, c’est que le Rassemblement cherche à amender certaines dispositions clés de l’Accord politique du 18 octobre. Tandis que les signataires de l’Accord, eux, ne veulent plus rien modifier. Toutes ces tergiversations confirment la thèse selon laquelle la crise, loin d’être vidée, n’aura été que postposée. D’où, des appels au calme et au dialogue inclusif qui se multiplient.

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