Emilio Guerra: « le seul intérêt de l’angola est la stabilité de la RDC »

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L'Ambassadeur d’Angola en RDC, Emilio Guerra

L’ambassadeur d’Angola en République démocratique du Congo (RDC), Emilio Guerra, a été devant la presse jeudi 10 novembre en sa résidence à la Gombe pour parler des questions politiques et économiques de l’heure de son pays, ainsi que de la politique extérieure de l’Angola. L’accord politique signé le 18 octobre en RDC à l’issue du Dialogue politique, les expulsions violentes des Congolais d’Angola, la crise économique angolaise, la visite d’un émissaire angolais à Etienne Tshisekedi, les prochaines élections en Angola… autant de questions d’actualité qui ont constitué l’essentiel de la conférence de presse d’Emilio Guerra.

Sur le plan de la politique intérieure de l’Angola, son ambassadeur en RDC a indiqué que le gouvernement angolais et la commission nationale électorale se préparaient activement pour la tenue des élections générales (législatives et présidentielle) en 2017 et que le coup d’envoi de l’opération d’enrôlement de nouveaux électeurs et l’actualisation des cartes d’électeur était donné le 27 août dernier.

A ce jour, a-t-il annoncé, environ 4 millions d’électeurs ont été déjà enregistrés pour au moins 7 millions attendus devant élire le nouveau président et des députés nationaux. Ces élections ont un tel enjeu pour la démocratisation du pays que » partis politiques, société civile et presse sont engagés dans la campagne de sensibilisation de la population « . L’objectif étant d’aboutir à des » élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles « .

Dos Santos candidat à la présidentielle prochaine ?

Est-ce que le président José Eduardo dos Santos va se représenter à la prochaine présidentielle ? A cette question, l’ambassadeur E. Guerra a répondu que Dos Santos pourrait se représenter s’il le voulait, pour des raisons suivantes. Alors que l’Angola avait organisé ses premières élections, mais rejetées par Savimbi. Ce qui avait provoqué la guerre qui a divisé et déchiré le pays, une guerre à laquelle la RDC, le Zaïre à l’époque, avait participé activement.

Mais il fallait réorganiser d’autres élections plus tard, ce qui exigeait la reconstruction du pays qui a pris beaucoup de temps. Le referendum organisé a donné naissance à une Constitution qui fixe à un mandat présidentiel renouvelable une seule fois. Or, a expliqué le diplomate angolais, » le mandat de Dos Santos termine l’année prochaine. Donc, il va se représenter s’il le veut. »

Dans ce chapitre, Dans le volet économique, l’ambassadeur Emilio Guerra a évoqué les difficultés économiques que traverse l’Angola que le président José Eduardo dos Santos a soulignées dans son message à la nation du 17 octobre, indiquant que » depuis 2008, l’Angola souffrait des conséquences de la crise économique et financière internationale ».

Une crise qui n’empêche pas Luanda d’atteindre plus de la moitié des objectifs des OMD établis par les Nations unies, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’énergie, de la santé, de l’éducation, de l’assainissement de l’environnement, de la formation professionnelle.

Malgré cette crise consécutive à la chute des prix du pétrole, se réjouit Emilio Guerra, » l’Angola est en train de bien la gérer » par des mesures appropriées.

Ainsi a-t-il épinglé quelques réalisations à l’actif du gouvernement angolais : la finalisation de deux barrages hydroélectriques, l’aéroport international de Luanda en construction situé à 14 km de la capitale, l’inauguration en 2017 du satellite de communication, la construction des habitats sociaux dans presque toutes les provinces…

Au chapitre de la politique extérieure de son pays, l’ambassadeur Emilio Guerra a indiqué que les chartes des Nations unies et de l’Union africaine, ainsi que d’autres instruments des organisations régionales et internationales guidaient la politique extérieure angolaise.

Il a ajouté que la paix et la stabilité occupaient une place primordiale en Afrique, surtout dans la Régions des Grands Lacs. C’est dans ce cadre qu’il importe de situer le sommet international sur la crise politique en RDC organisé à Luanda le 26 octobre dernier pour évaluer l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé en février 2013.

«Seul intérêt pour l’Angola, la stabilité de la RDC»  

A ce sujet, au cours du débat, il a précisé que c’était le Conseil de sécurité de l’Onu qui avait demandé à l’Angola d’abriter ce sommet. L’année prochaine, c’est le Congo Brazzaville qui l’organisera.

Quant à l’Accord politique du 18 octobre dernier ayant sanctionné le dialogue politique inclusif, l’ambassadeur Emilio Guerra a déclaré que son pays n’ a influencé ni de près ni de loin, excepté des conseils prodigués d’autant plus que le pays traîne une expérience de 37 ans de guerre.

Le diplomate angolais a levé le flou qui planait sur la visite que le secrétaire d’Etat angolais a rendue à Etienne Tshisekedi en septembre en expliquant que l’émissaire angolais était porteur de la réponse de Dos Santos à la lettre du lider maximo dont la teneur n’est pas connue. Mais tout cela entre dans le cadre de la recherche de la paix et de la solution à la crise en RDC.

» Le seul intérêt pour l’Angola, c’est la stabilité de la RDC. Nous n’avons aucun intérêt de voir ce pays basculer dans la guerre. Je le répète. Nous appuyons les efforts de la Cenco dans la recherche de la solution à la crise « , a-t-il souligné.

Des expulsions selon des besoins sécuritaires

L’ambassadeur s’est également expliqué sur les expulsions violentes des Congolais du territoire angolais. Tout en précisant que ces expulsions qui ne concernent pas seulement les Congolais, mais également d’autres nationalités africaines, se font selon des besoins sécuritaires et concernent des personnes en situation irrégulière.

Quant aux violences, il a rejeté ces allégations, expliquant s’être rendu jusqu’à Lunda sans en trouver de preuves. Il a estimé que si cela était vrai, les femmes angolaises n’allaient pas se taire ni accepter un tel traitement envers leurs amies congolaises sans interpeller les autorités angolaises.

Pour le dernier cas d’une femme violentée il y a quelques jours, Emilio Guerra a indiqué que les 5 éléments incriminés sont aux arrêts et ont été révoqués de l’armée.

Donal Trump d’abord pour les Américains

Ce que le diplomate angolais pense de l’élection de Donal Trump comme président des Etats-Unis ? Sa réponse est sans équivoque et directe. » Le peuple américain a choisi son président. Il va d’abord satisfaire les Américains, les intérêts des Américains. Que ce soit Trump ou Clinton, ca m’est égal « , a-t-il tranché. » A nous de prendre soin de nous-mêmes « , a-t-il encouragé.

Sur la divergence entre l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA) sur l’alternance démocratique en Afrique, l’ambassadeur angolais a été direct. » On voudra arriver vite là où se trouvent les Occidentaux » (alors qu’ils ont pris beaucoup de temps pour y arriver), tout en rappelant le cas malheureux de la Libye, jadis prospère, aujourd’hui chaotique. » Il y a donc deux façons de voir les choses qui posent problème « , a-t-il conclu.


L’Observateur

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