19 décembre : privilégier l’intérêt supérieur de la Nation

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Le 19 décembre 2016 marque la fin du mandat constitutionnel du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange. Malheureusement, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas été au rendez-vous, incapable d’honorer ses engagements de procéder à l’élection, dans le délai constitutionnel, du nouveau président, en remplacement de Joseph Kabila. Car, à ce jour, “techniquement, il n’est plus possible d’élire un nouveau président de la République”, ne cesse de clamer le président de la Centrale électorale qui s’attelle pour l’instant à actualiser le fichier dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo.

L’Opposition politique, principalement le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, n’entend pas avaler cette pilule amère. Pour ce méga regroupement politique, “Kabila n’aura pas une minute de plus après le 19 décembre”. Au point même de fétichiser la date du 19 de chaque mois, depuis septembre, pour lui distribuer des cartons jaunes, synonymes d’avertissement.

De son côté, la Majorité présidentielle (MP) se réfère à l’arrêt de la Cour constitutionnelle à propos de l’article 70 de la Constitution.
A cet effet, convient-il de rappeler, répondant à la requête de la Ceni sur la prolongation de la présidentielle, la plus haute juridiction du pays a autorisé au président sortant de rester en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu.

C’est dans cette cacophonie qu’il y a eu Dialogue politique convoqué par le président Kabila pour, justement, trouver des solutions ensemble en vue de sauver le processus électoral. Forum auquel n’a pas pris part la plus importante frange de l’Opposition, le Rassemblement, sans oublier le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba en prison à La Haye. Ce qui a causé un sérieux problème : l’inclusivité. Raison pour laquelle le chef de l’État a chargé, depuis deux semaines déjà, la Commission épiscopale nationale du Congo (Cenco), pour convaincre le Rassemblement de revenir sur la table des négociations et d’adhérer aux résolutions de la cité de l’UA. Au même moment, un nouveau premier ministre a été nommé, Samy Badibanga, supposé de l’Opposition, pour former le gouvernement d’union nationale.

Mais cela n’a pas réglé les problèmes. Le mois de décembre s’annonce chaotique, si l’on n’y prend garde. En dernière minute, selon des sources, l’Opposition pro Tshisekedi aurait accepté le glissement jusqu’en 2017, mais sans Kabila. Il s’agit d’un “Régime spécial”, approprié à la situation inédite d’un pays sans institutions légitimes, à en croire Delly Sessanga, député national de l’Opposition, membre du Rassemblement et de l’AR.
C’est maintenant que les Congolais attendent l’intervention de la communauté internationale pour décanter la situation à travers une solution consensuelle. Il y a donc risque d’avoir un deuxième compromis avant le 19 décembre, pour éviter le chaos.
Des ballets diplomatiques enregistrés ces derniers jours chez Tshisekedi et bien d’autres personnalités du pays sont l’une des preuves que la communauté internationale ne veut pas de troubles en RDC. Les exemples de la Libye, du Burundi…qui sont aujourd’hui presque des non-Etats, sont des références pour que le chaos ne se reproduise plus en Afrique, suite à un conflit de légitimité.

De leurs côtés, les Congolais, de la Majorité comme de l’Opposition, sont invités à mettre un peu d’eau dans leur vin pour sauver la nation en danger. 29 jours sont amplement suffisants pour traverser, dans la paix, la date du 19 décembre 2016.

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