Cité dans le scandale FPI, Kin-Kiey Mulumba répond au journal Le Monde

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Dans un droit de réponse envoyé au journal Le Monde, l’ancien congolais dément les affirmations selon lesquelles il aurait participé à un détournement au Fond pour la Promotion de l’Industrie.

Le jour français Le Monde affirme avoir eu connaissance d’un rapport parlementaire mettant en cause des autorités de la RDC dans un vaste détournement au sien du Fond pour la Promotion de l’Industrie. Ce document de 66 pages, affirme Le Monde dans son édition Afrique a pu consulter, est une « enquête rigoureuse » qui met à mal l’ambition industrielle du pays et révèle, preuves à l’appui, les pratiques corruptives de la classe politique.

Ainsi, Tryphon Kin Kye Mulumba, ministre des relations avec le Parlement de 2014 à 2016, se serait vu octroyer un prêt de 450 000 dollars pour équiper et pérenniser l’imprimerie de son groupe de presse. Sauf que, affirme toujours le média français, cette somme n’a pas servi à contribuer à l’industrialisation du pays.

« Le ministre a plutôt remboursé un précédent crédit contracté auprès d’une banque plus à cheval sur les traites », renseigne cet article publié lundi 13 février. Plusieurs fois ministres en RDC et cadre de la coalition des partis au pouvoir, le Professeur Kin-Kiey Mulumba dément pourtant cette information. Dans un droit de réponse adressé au média français, M. Kin-Kiey affirme que « cette affirmation est sans fondement ».

« Il s’agit d’un dossier de prêt régulièrement sollicité contre hypothèque d’un immeuble évalué à USD 2.500.00000 par le groupe de presse FPG, Finance Press Group – je n’étais encore ni Député, ni Ministre – en vue d’acquérir une presse et des intrants. (…) Ce prêt n’a jamais été accordé ni à la Banque du FPG référencée auprès du FPI, ni versé au groupe de presse alors que le FPI détient toujours le Certificat d’enregistrement de l’immeuble mis en hypothèque. Ces éléments SOnt Vérifiables (…) La machine et les intrants ont fini par être acquis par les moyens propres de FPG, notification en a été faite au FPI. (…) La vérité retracée renseigne que le Fonds de Promotion de l’Industrie avait versé ces sommes sur un compte et à une banque inconnus du Groupe de presse FPG pour des raisons que seul le FPI connaît et ces sommes n’ont jamais été transférées au Groupe de presse. Il y a là mystère que seule la justice doit élucider (…) Depuis sept ans que ce conflit perdure, le FPG est en procès contre le FPI et a saisi par ses avocats les cours et tribunaux sous le RCE 4942 en résolution de la convention de prêt, restitution du titre d’enregistrement et dommages et intérêts. L’affaire suit son cours normal. (…) L’article de vos journalistes donne de nouvelles armes au FPG à nouveau injustement préjudicié. Au nom du FPG qui se réserve le droit de saisir la justice pour diffamation, je vous prie de publier ce droit de réponse telle que la loi en la matière l’exige« , explique Kin-Kiey Mulumba sans ce long droit de réponse.

Ce rapport affirme par ailleurs que des députés devenus limiers sont parvenus à confirmer les détournements au prix de descentes à l’improviste dans les locaux du FPI et de visites des projets industriels qui ont bénéficié d’un appui à Kinshasa et à Lubumbashi, la capitale de la province minière du Haut-Katanga. Respectivement 70 et 78 % des projets n’y ont pas été réalisés. « Et les fonds perçus ne sont pas remboursés par les promoteurs ; le financement de ces projets n’a pas tenu compte des études de rentabilité et de la capacité financière des promoteurs ; les efforts de recouvrement ne sont pas perceptibles », peut-on lire dans le rapport. Les enquêteurs concluent sans ambages : « En clair, il y a détournement de fonds par les promoteurs des projets et laxisme du chef du FPI ».

Selon le rapport d’enquête parlementaire, les pertes ou plutôt les détournements s’élèvent à 138 838 100, 98 millions de dollars. Parmi les bénéficiaires se trouvent nombre de députés et sénateurs congolais – parmi les mieux payés de la planète. Des gouverneurs, des ministres en exercice… Il y a aussi d’anciens membres du gouvernement et leurs proches.

Avec Le Monde Afrique.

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