Olenghankoy écrit au PGR : “les opposants sont terriblement harcelés en RDC !”

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Dans une correspondance datée du 30 octobre 2016 et adressée au procureur général de la République, Joseph Olenghankoy, président des Fonus, dénonce le « harcèlement des opposants » en République démocratique du Congo (RDC).

« … les leaders politiques membres de la plateforme Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement qui ont répondu à l’invitation du gouverneur de la ville de Kinshasa, selon sa lettre du 14 septembre 2016, sont terriblement harcelés par les services dits spéciaux… et ce, en violation de l’article 149 de notre Constitution qui dispose que le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif », alors que l’article 151 de la même loi fondamentale énonce que « le pouvoir exécutif ne peut donner d’injonction au juge dans l’exercice de sa juridiction, ni statuer sur les différents, ni entraver le cours de la justice, ni s’opposer à l’exécution d’une décision de justice », peut-on lire en page 3.

Olenghankoy déplore que la direction générale des migrations ait poussé l’illégalité jusqu’à se servir de la liste de la délégation qui a rencontré le gouverneur de la ville de Kinshasa, devant la Monusco, « pour nous empêcher de voyager en l’absence de toute décision judiciaire de condamnation définitive ».

Cet opposant signale au Pgr que dans la nuit du 19 au 20 septembre 2016, le siège social des Fonus a été plastiqué par des hommes armés, des militants fauchés et l’immeuble complètement détruit et ravagé par l’incendie. Plusieurs biens de valeur ont été calcinés. Et devant ce désastre économique et social, regrette-t-il, aucune autorité politique ni judiciaire, encore moins municipale, n’a daigné se déplacer pour faire le constat de cette barbarie. Ce, jusqu’au 23 septembre 2016. Sauf la Monusco qui a effectué le déplacement pour se rendre compte de la gravité de la situation.

Face à cette indifférence, estime-t-il, « l’Etat congolais doit être déclaré responsable du plastiquage… et doit réparation intégrale », écrit Olenghankoy au Pgr.
Il poursuit qu’après les évènements des 19 et 20 septembre, les domiciles de certains leaders de l’Opposition ont été visités par « certains inciviques qui se réclament toujours des services spéciaux, alors qu’ils ne sont munis d’aucun mandat judiciaire ».

Pour Olenghankoy, il s’agit-là des actes « attentatoires » à la liberté individuelle, d’une privation de liberté illégale qui constitue un obstacle majeur à l’accomplissement, par ces leaders politiques, de leur mission d’information, d’orientation, de sollicitation… en vue de désigner les candidats aux élections futures à tous les niveaux. Or, ces services « dits spéciaux » ne relèvent nullement du pouvoir judiciaire, et auraient dû abandonner toutes poursuites illégales à l’encontre desdits leaders.

« Si les charges existent à notre endroit, il appartient à l’autorité judiciaire, seule, d’exercer les prétendues poursuites. Faute de quoi, on verse dans l’illégalité la plus absolue », souligne le président national des Fonus.

Ce dernier tire la sonnette d’alarme pour prévenir le Pgr que ces leaders politiques risquent d’être en prison s’ils tentent de circuler librement. Ils sont soumis en exil à l’étranger, à défaut de vivre en clandestinité au pays, « à l’instar de ce que nous connaissons personnellement aujourd’hui », révèle l’auteur de la lettre ouverte. Et de renchérir, « l’objectif poursuivi est de punir ces leaders de l’Opposition qui ont des idées contraires à celles du pouvoir, s’agissant de la défense de la Constitution ».

Joseph Olenghankoy conclut sa lettre adressée au Pgr en disant que, « si par impossible, il existait une quelconque charge à notre endroit, il vous appartient d’exiger notre comparution devant votre office selon les règles procédurales établies… personnalités politiques et historiques du pays, nous n’avons aucun intérêt à nous soustraire à la justice, nous répondrons toujours présent chaque fois que votre autorité aura besoin de nous entendre ».

Il faut noter que le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et patron de la Monusco, la représentante de la présidente de la commission de l’Union africaine, le représentant de la commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que les ambassadeurs accrédités à Kinshasa ont chacun reçu la copie de cette lettre.

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