Libye: de nouveaux indices dans le financement libyen de la campagne de Sarkozy

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De nouveaux indices viennent d’être révélés dans l’enquête sur le financement libyen de la campagne de Sarkozy, après la découverte d’un carnet d’un ministre libyen du pétrole, dans lequel figuraient plusieurs montants.

A en croire à nos confrères du quotidien le monde, les juges ont recueilli de nombreux témoignages d’anciens dignitaires libyens, de diplomates français, fonctionnaires ou hommes d’affaires qui viennent renforcer le soupçon de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de la campagne de Sarkozy.

Désormais, les magistrats possèdent des centaines de documents: notes des services déclassifiées, interceptions téléphoniques, témoignages sous X… Après Trois ans et demi d’investigations poussées, des forts soupçons pèsent toujours sur Nicolas Sarkozy concernant le financement de sa campagne présidentielle en 2007.

L’on se souvient que l’ambassadeur de France en Libye entre janvier 2008 et février 2011, François Gouyette, avait indiqué avoir entendu parler d’un possible financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, mais ces rumeurs lui sont parvenues après 2011 et au début de la révolution libyenne. L’ambassadeur ajoute par ailleurs que Moftah Missouri, l’ancien interprète du guide, et une autre personne dont il a préféré taire le nom devant les magistrats lui avaient fait part de ce présumé financement. L’un d’eux parlait de 5 millions d’euros, l’autre de 50. Mais les magistrats n’ont pas pu recouper les faits révélés.

Vers la fin du mois de septembre, le site Mediapart avait dévoilé l’existence d’un carnet d’un ancien ministre du pétrole libyen qui confirmait plusieurs versements pour un montant de 6,5 millions d’euros. Le quotidien le Monde révèle les notes exactes des carnets de cet ancien dignitaire retrouvé mort dans le Danube en Autriche le 29 avril 2012.

Le 29 avril 2007 c’est à dire cinq ans plutôt, il se trouvait dans la propriété de Bachir Saleh, directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi et faisait savoir : « A midi, j’ai déjeuné avec El Baghdadi [premier ministre]et Bachir Saleh à la ferme de Bachir. Bachir a parlé, disant avoir envoyé 1,5 million d’euros à Sarkozy quand Saïf [Al-Islam Kadhafi, fils du numéro un libyen] donnait 3 millions d’euros. Mais on leur a dit que l’argent n’était pas arrivé. Il semblerait que les “mecs” en chemin l’ont détourné, tout comme ils lui ont pris 2 millions en provenance de Abdallah Senoussi [chef des services de renseignements libyen]. »

Durant l’instruction, l’ancien président Nicolas Sarkozy et ses proches suivaient de près les avancées de l’enquête, comme le démontrent de nombreuses retranscriptions des écoutes sous lesquelles ils étaient placés. Il semblerait que l’un des proches de l’intermédiaire de Kadhafi, Alexandre Djouhri, avait lâché au téléphone que les enquêteurs « cherchent le lien avec Kadhafi mais ils ne cherchent pas au bon endroit ».

D’après Nicolas Sarkozy lui-même, il est nécessaire de « surveiller l’affaire de nos amis d’outre-Méditerranée », comme il le dit à son directeur de cabinet, Michel Gaudin, en février 2014, lors d’une conversation écoutée.

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