Les non-dits du message de la Majorité

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A l’analyse de la conférence de presse animée conjointement par Thambwe Mwamba et Vital Kamerhe, nombre d’analystes politiques ont décrypté plusieurs non-dits. Il s’agit d’abord, pour la Majorité Présidentielle, de rassurer les signataires de l’Accord du Camp Tshatshi sur la sincérité du Chef de l’Etat quant à son engagement à ne pas sortir des garde-fous de ce document. Même si politiquement et matériellement, il parait impossible que la composition de ce fameux gouvernement de la « période intérimaire » soit rendue publique ce dimanche, elle aura au moins gagné du temps.

L’autre versant du message consiste à faire savoir à la CENCO qu’elle doit faire vite dans ses navettes entre Limete, le Palais de la Nation et le Centre Interdiocésain, dans sa quête d’un rapprochement entre les signataires de l’Accord politique du Camp Tshatshi et les ténors du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement. Le délai-butoir du dimanche 13 novembre est délibérément choisi pour signaler aux Evêques Catholiques et aux anti-Accord du Camp Tshatshi que passé ce délai, il serait trop tard. Car le train de la « période intérimaire » aura déjà quitté la gare et mis le cap sur 2018, l’échéance présumée de la tenue des élections couplées présidentielle, législatives nationales et provinciales.

Le troisième volet du message vise à faire pression sur les participants au dialogue qui hésitent encore à signer l’Accord politique du Camp Tshatshi, car préoccupés par le ballet des diplomates africains et occidentaux à Limete, prélude à un éventuel second round de dialogue. Les indécis sont ainsi contraints de se déterminer avant dimanche, au risque de rater les portefeuilles ministériels leur promis, pourtant sans la moindre garantie.

Bref, la Majorité Présidentielle fait monter les enchères, de manière à obtenir l’inclusivité du dialogue sur fond de partage du gâteau gouvernemental. Connaissant la faiblesse des acteurs politiques et des activistes de la Société civile face aux postes de gestion, surtout au sein du gouvernement, il est sûr et certain que l’on va assister à la ruée des signataires vers l’office du Facilitateur du dialogue.

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