La Prospérité : «Récompense aux modèles de la bonne gouvernance en RDC : le prix Matata Ponyo institué à l’UNPC !»

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Le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyon Mapon

L’institution par la presse congolaise du Prix Matata Ponyo et le communiqué final du sommet de Luanda sont parmi les sujets commentés par les journaux parus vendredi 28 octobre à Kinshasa.

Institué jeudi lors d’une cérémonie solennelle à l’hôtel Memling à Kinshasa, le prix Matata Ponyo vise à promouvoir les valeurs, à rechercher les personnes de qualité dont le pays a fortement besoin pour susciter l’émulation, rapporte La Prospérité.

Autant le prix nobel de Stockholm récompense les grands cerveaux du monde et Sakharov de Bruxelles des personnalités qui se distinguent dans l’exercice de leur profession, celui de Kinshasa fait la promotion de la bonne gouvernance, écrit le quotidien.

Mais pourquoi lui avoir attribué le nom de l’actuel Premier Ministre de la RDC, s’interroge le quotidien.

Le Président de l’UNPC/Kinshasa Jean-Marie Kassamba a soutenu en réponse que Matata était la mieux indiquée pour symboliser le prix de la bonne gouvernance en RDC pour ses traits de caractère dont l’humilité, l’efficacité, la loyauté envers son parrain politique, l’esprit de réforme et la culture des résultats.

Pour sa part, le président national de l’UNPC, Kasonga Tshilunde a estimé que l’actuel Premier ministre mérite de symboliser le prix de la bonne gouvernance pour avoir donné un contenu et un prestige à la Primature durant son mandat, ajoute le quotidien.

Honoré par les journalistes dont la corporation a institué ce prix, Augustin Matata Ponyo a indiqué que s’il a accepté de participer à cette cérémonie en l’honneur de la bonne gouvernance en RDC, c’est parce qu’il est convaincu que «le chemin de l’émergence et du développement de la RDC passe inexorablement par la bonne gouvernance dans le domaine public», rapporte pour sa part Forum des As.

Pour convaincre, le Premier a donné des exemples concrets tirés de sa propre expérience. “Lorsque nous initions la bancarisation de la paie publique en 2011, d’aucuns menacent de mettre la ville de Kinshasa à feu et à sang. Des intimidations nous sont proférées. Nous ne paniquons pas et les fonctionnaires finissent par toucher l’intégralité de leur rémunération par la banque, sans aucun prélèvement effectué au profit de la minorité. Aussi, des millions des dollars américains qui disparaissaient chaque mois lors de la paie sont récupérés par le Trésor public», a rappelé selon le quotidien Matata Ponyo au cours de la cérémonie instituant le prix en son nom.

«C’est toujours avec ces fonds que nous avons acquis des bus, des avions, des locomotives neuves, des voitures de voyageurs neuves», a expliqué le Premier ministre, rapporte le confrère.

Cependant, ce prix ne fait pas l’unanimité au sein de la corporation des journalistes. D’après Politico CD, de nombreux journalistes sont indignés que ce prix porte le nom du Premier ministre congolais.

C’est l’avis d’Achille Kadima, éditeur du journal Africanews, qui selon le quotidien en ligne, remet en cause les qualités de « bonne gouvernance » attribuées à Matata Ponyo, jugeant lamentable son action à la primature de la RDC.

«La profession se saborde. Matata Ponyo = Bonne gouvernance? Sous la direction de ce Premier ministre atypique, la RDC est devenue le pays le plus pauvre de la terre. Son dernier budget réserve à chaque Congolais 70 dollars pour toute l’année 2017. Transco, Congo Airways et Bukangalonzo, ses œuvres, sont presqu’en faillite. Il a lancé la bancarisation de la paie mais a épargné la primature. Le pays a renoué avec la pratique de la planche à billets et l’inflation. C’est tout sauf de la bonne gouvernance», ecrit par exemple Achille Kadima, relayant un post d’un autre journaliste sur facebook, rapporte Polico.cd

D’autres journalistes parlent même d’un prix monnayé où d’une décision unilatérale prise par les autorités de l’UNPC, ajoute le quotidien en ligne.

La presse kinoise de ce vendredi revient également sur les assises de Luanda consacrées sur la crise en RDC.

L’Avenir titre en manchette : « Aux assises de Luanda: Kabila reçoit la caution des chefs d’Etats africains »

D’après le quotidien, les chefs d’Etats et de gouvernements africains présents à Luanda ont reconnu en l’accord intervenu à Kinshasa un texte conforme auxlois de la RDC.

Une attitude saluée par la Majorité présidentielle au cours d’un point de presse. «Le fait qu’ils aient duré au pouvoir est une plus-value aux conseils qu’ils donnent. Ils nous ont donné la caution de l’Afrique et ceci nous permet d’agir en toute souveraineté, sans craindre de trahir l’âme congolaise » a commenté leporte-parole de la MP, l’ambassadeur André-Alain Atundu en réaction à cette position des chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la CIRGL, rapporte L‘Avenir.

Loin des assurances de L’Avenir, Le Phare continue de s’interroger sur les informations qui ont été communiquées aux chefs d’Etats.

A en croire le quotidien, certains ténors de l’opposition hostile au dialogue révèlent quelques contradictions contenues dans le communiqué qui a sanctionné la fin de ces assises.

Selon ce communiqué, les chefs d’Etats et des gouvernements des pays signataires de l’Accord-cadre se félicitent de la signature, le 18 octobre 2016, de l’accord politique global trouvé à Kinshasa. Mais, ont-ils relevé selon le journal, ce texte rappelle également «aux parties prenantes de respecter les principes, idéaux et aspirations du peuple congolais qui sont consacrés dans la Constitution, ainsi que les lignes directrices de la SADC et de l’Union Africaine régissant les élections démocratiques, conformément à la résolution 2277 du Conseil de Sécurité ».

Finalement, s’interroge le quotidien sans répondre, qu’ont-ils voulu transmettre comme message aux congolais?

Aux vues de ces contradictions, Le Potentiel croit dénicher la face cachée de ce sommet de Luanda.

Des camps se sont formés au sein de la CIRGL et au centre de la controverse, la question de la RDC, précise le quotidien. D’un côté poursuit le confrère, les chefs d’Etats de la SADC qui ont apporté leur soutien à l’accord politique de la cité de l’UA pour maintenir Kabila au pouvoir et de l’autre le front Paul Kagame et Yoweri Museveni qui estiment que le problème de la RDC ne peut être résolu que dans le cadre de l’amélioration qualitative de la gouvernance du pays avec une vision claire.

D’où, leur absence au sommet de Luanda alors que les deux chefs d’Etat jouent un rôle important dans la crise congolaise.

Un boycott donc qui s’est ressenti dans le communiqué final de ce sommet, lequel a renvoyé un message confus à l’opinion internationale, estime le quotidien.

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