« la BIAC ne sera jamais liquidée »

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Tous les clients de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC) doivent être apaisés. Personne ne perdra même un franc congolais. Ces assurances sont du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, au cours d’un point de presse tenu le vendredi 9 décembre à Kinshasa.

« Nous étions surpris d’apprendre que l’affaire était déjà au niveau du tribunal de commerce, amenée par cet actionnaire défaillant qui n’est autre que Blatner, alors que lui-même était incapable de gérer cette banque », s’est-il étonné.

Pour Deogratias Mutombo, la BIAC est en voie d’être reprise par une banque chinoise. Le gouverneur de la BCC a invité M. Blatner (actionnaire majoritaire de la BIAC) a un sens de dignité et respect à l’égard des milliers d’épargnants de cette banque.
« Aujourd’hui, nous ne connaissons pas ce qui motive la démarche de cet actionnaire défaillant qui souhaite que plus de 300.000 congolais perdent leur épargne », s’est-il indigné. Et d’ajouter : « Une banque doit fonctionner avec les principes de réglementation prudentielle. Il n’y a que la BCC qui est habilitée à réglementer et à contrôler l’activité bancaire. La BCC est la seule institution habilitée à surveiller l’activité des banques, à octroyer l’agrément et à le retirer. Et à ce jour, la BCC n’a pas retiré l’agrément de la BIAC. Dans le cadre de la résolution de la crise qui a prévalu au sein de cette banque, nous avons tenté toutes les solutions. Ce Blatner-là qui est défaillant, avait bénéficié de l’aide financière de la BCC de 40 milliards de francs congolais. Et dans le cadre du plan de redressement, on lui a donné, depuis 2012, cette chance pour redresser la BIAC avec des axes comme la recapitalisation de la banque par lui-même ou par de nouveaux actionnaires. Mais rien n’a été fait en ce sens-là », a-t-il indiqué.

Si la BIAC a atteint le niveau qu’elle a aujourd’hui, affirme le gouverneur, c’est parce que Blattner n’a pas voulu réduire les charges.
« Le comportement de cet actionnaire défaillant était tel que les charges dépassaient même les 100% des produits net bancaires. Quant au recouvrement des crédits, il a tellement excellé dans les comportements à risque qu’il s’est permis d’octroyer de crédits de complaisance à ses amis et à lui-même ainsi qu’aux apparentés, sans tenir compte des normes prudentielles », dénonce Deogratias Mutombo.

Comme pour étayer la mauvaise gestion d’Elwyn Blattner, le gouverneur de la BCC s’est vu obliger de tout étaler. « Il était arrivé dans une situation de fonds propre négatif (plus de 100 millions USD). Nous lui avons donné encore comme axe, le redimensionnement de la banque. Mais avec une gestion opaque, il s’est même permis de créer une assistance technique vis-à-vis de la banque, à qui beaucoup d’argent était payé », a-t-il déballé.
Aujourd’hui, la BIAC qui avait jusqu’à 411 milliards de francs congolais de dépôts au 31 décembre 2015, a des dépôts entre 150 et 160 milliards de francs congolais. Ce, parce que les déposants ont retiré, effectué des paiements et d’autres ont délocalisé leurs épargnes. Une bonne partie de l’argent délocalisé a comme reflet la dette de la BIAC vis-à-vis de la BCC. Elwyn Blattner doit plus de 180 milliards de francs congolais à la BCC.
Selon le gouverneur, à ce jour, les dépôts sont autour de 155 milliards (passif) sans trésorerie. Et Elwyn Blattner doit plus de 320 milliards. « Où trouvera-t-il cet argent ? », s’interroge-t-il.

« On nous avait demandé que Blattner soit emprisonné mais nous avons refusé. Nous avons préféré qu’il reste à Kinshasa avec restriction de ses mouvements. Et nous avons même concédé que certains de ses comptes qui fonctionnent grâce aux dépôts des clients soient dégelés pour ne pas créer le chômage.
Pour le gouverneur de la BCC, Blattner est un « criminel économique qui a sa place en prison ».
Si on a nommé un gestionnaire provisoire à la BIAC, s’explique le gouverneur, c’est parce qu’on a épuisé toutes les autres voies.
« Il était prévu que la BIAC soit reprise avant la fin de l’année. Mais le comportement de Blattner a tout bouleversé. Et il en sera responsable. Aujourd’hui il doit savoir que le passif net est tellement important que même si demain, la banque chinoise reprenait la BIAC, comme elle est obligée de reprendre tous les dépôts avec seulement les bons actifs, Blattner et ses amis qui ont mal géré la banque doivent combler le passif net restant », a prévenu Deogratias Mutombo.

Il ne doit donc pas se frotter les mains une fois la banque reprise. La banque sera reprise avec un large gap entre actifs et passifs. Et ce passif net, son comblement est à charge de Blattner. Il y a des gens qui l’appuient. Ils sont pour la plupart, les débiteurs de la BIAC. Ils croient qu’après reprise, tout sera effacé comme sur une ardoise.” Il n’en est pas question “, a averti Deogratias Mutombo.

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