Kolwezi : deux journalistes arrêtés pour diffusion de l’interview de Katumbi

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L'opposant Moise Katumbi

Deux journalistes d’une radio de Kolwezi (sud-est de la République démocratique du Congo) ont été arrêtés lundi 7 novembre après avoir diffusé l’interview de Moïse Katumbi, a-t-on appris de sources concordantes.

Le directeur général de Radio-Télévision Manika de Kolwezi, Gaston Mushid, et le directeur des programmes, Carton Kasong, ont été arrêtés pour avoir diffusé l’interview téléphonique de Moïse Katumbi, opposant au président congolais Joseph Kabila, selon l’ONG de défense de la presse Journaliste en danger (JED).

Les deux hommes ont été interpellés depuis 10h00 (08h00 GMT), a déclaré à l’AFP Karl Nawej, le directeur technique de la radio, joint au téléphone de Lubumbashi, deuxième ville du pays. Vers 20h00 (18h00 GMT), une source sécuritaire a confirmé leur détention à l’AFP.

JED “condamne fermement cette interpellation injustifiée qui constitue une grave atteinte à la liberté de la presse”, ajoute l’ONG.

Joseph-Emmanuel Ikos, ministre provincial des Médias de la province de Lualaba, dont Kolwezi est le chef-lieu, a déclaré “ne pas être au courant de ces arrestations”.

Selon JED, une interview de l’opposant Katumbi a été diffusée dimanche par Radio Manika quelques heures avant la retransmission de la finale de la Coupe de la confédération africaine de football remportée par le TP Mazembe face au club algérien Mouloudia Bejaia à Lubumbashi.

Richissime homme d’affaire et candidat déclaré à la présidentielle, qui devait se tenir cette année mais a été reportée à avril 2018, M. Katumbi est propriétaire du club congolais de football le TP Mazembe et il est l’ex-meilleur allié du président Kabila.

M. Katumbi est passé à l’opposition en septembre 2015 après avoir démissionné de son poste de gouverneur de la province du Katanga (région grande comme l’Espagne, morcelée en 2015 en quatre provinces, dont le Lualaba) et a quitté le parti présidentiel.

Depuis mai, M. Katumbi séjourne à l‘étranger officiellement pour y subir des soins médicaux. il a été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière et les autorités ont promis de l’arrêter dès son retour au pays.

La RDC est minée par une crise politique liée au report de la présidentielle à la suite d’un accord conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition.

Dans son rapport annuel 2016 publié mercredi, JED a dénoncé “la montée des attaques ciblées contre la presse” en RDC, pays qui occupe le 152e place du classement mondial établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

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