Ida Sawyer plaide pour des sanctions contre Kalev et Boshab

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Dans un article publié le jeudi 23 novembre, la chercheuse de Human Rights Watch demande des sanctions internationales contre des dignitaires congolais au pouvoir, notamment le Ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab et le Chef de l’ANR, Kalev Mutond.

A l’apporche de la date fatidique du 19 décembre 2016, la tension monte en République démocratique du Congo où l’opposition, regroupée derrière son leader historique Etienne Tshisekedi, continue de réclamer le départ du président Joseph Kabila.

Pour Ida Sawyer, chercheuse de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), le Président congolais devrait annoncer « clairement » qu’il quitterait à l’issu de son mandat pour « calmer » la situation.

« Si le président Kabila reste au pouvoir après le 19 décembre sans annonce publique claire d’une date pour son retrait du pouvoir et sans un large consensus sur l’organisation d’une période de transition jusqu’aux élections, il existe un risque que des manifestations éclatent et que les forces de sécurité répondent avec une force excessive. Le pays pourrait s’enfoncer dans une violence généralisée et dans le chaos« , explique Ida Sawyer.

Par ailleurs, la chercheuse refoulée de la RDC en août dernier par les autorités congolais pour un supposé problème de visa, appelle à des sanctions ciblées contre les proches du président Kabila. Tout en réconnaissant que celles prises par les Etats-Unis (en août et en septembre) ont eu un effet « dissuasif« , Mme Sawyer pense que  « l’impact pourrait être bien plus important » si les Etats-Unis « ciblaient davantage de hauts responsables du gouvernement et des services de renseignements – et si l’Union européenne et le Conseil de sécurité de l’ONU prenaient également des mesures. »

« Nos recherches ont permis d’établir que les personnes suivantes ont joué des rôles primordiaux dans la répression, et devraient faire l’objet de sanctions : Kalev Mutond, directeur de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Évariste Boshab, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, le général Ilunga Kampete, commandant de la Garde républicaine, le général Gabriel Amisi (surnommé « Tango Four »), commandant de l’armée dans la région occidentale du pays, et le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la police à Kinshasa« , fait savoir Mme Sawyer.

« L’UE, les États-Unis et les Nations Unies devraient signifier clairement à Kabila que la violation des droits du peuple congolais a un prix élevé – avant qu’il n’y ait d’autres effusions de sang et qu’il ne soit trop tard pour changer de cap » conclu-t-elle.

Human Rights Watch a en effet publié un rapport en octobre 2016 qui accable les autorités congolaises, mettant en exergue l’implication du Ministre Evariste Boshab et celle de Kalev Mutond dans les tueries du 19 et 20 septembre dans la capitale congolaise.  Plus de 50 personnes ont été tuées par des forces de l’ordre durant deux journées de manifestation de l’opposition congolais réclamant le départ du président Kabila.

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