Entre extrémisme et ouverture, le Rassemblement se chosit une conduite

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Le « conclave » du Rassemblement des forces acquises au changement s’est ouvert ce mardi 04 octobre à Kinshasa, entre extrémisme et ouverture vers des discussions avec le camp Kabiliste, les opposants regroupés derrière Etienne Tshisekedi vont communiquer leur « nouvelle ligne de conduite ».

Vendredi après midi, le député Jean-Pierre Lisanga Bonganga annonçait, en exclusivité sur Politico.cd, un « conclave » de l’opposition pour « communiquer leur positionnement par rapport aux événements actuels ». Un peu plus tard dans la même journée, Augustin Kabuya de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social communiquait quant à lui le report de cette grande messe pour ce mardi 04 octobore 2016.

Mardi justement, à midi, dans un soleil au zénith sur Kinshasa, les opposants, mais aussi des personnalités de la Société civile, des activités et même des représentants de la Communauté internationale ont tous envahi le siège de l’UDPS à Limete (centre de la ville). Comme un symbole, l’endroit a en effet été brûlé la nuit du 20 septembre, occasionnant plusieurs morts. Il a fallu attendre jusqu’à 14H (heure locale) pour voir Etienne Tshisekedi faire son apparition.

Avant lui, les « Jeunes du Rassemblement » avaient sonné la charge. Le ton, la détermination et le style « combattant » y étaient.

« Nous acceptons le sacrifice suprême pour l’alternance (…) Qu’il (le président Kabila) marche sur nos cadavres avant de diriger sa transition infinie« , déclaraient-ils dans un communiqué, faisant allusion à la proposition quelques jours plus tôt du président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), pour des élections vers novembre 2018.

Dans les coulisses, les opposants qui refusent toujours de participer au Dialogue politique en cours à la Cité de l’Union Africaine travaillent surtout sur la « position à adopter ». Car, en effet, après la « stratégie des manifestations », dont l’issue a été plus qu’effroyable dans la capitale congolaise, avec plusieurs morts et des pillages, la Communauté Internationale est montée au créneau, fustigeant « tout appel à la violence ».

François Hollande, le président français, était l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme tant en direction du Pouvoir que de l’Opposition congolaise.

« Il s’est produit des violences en République démocratique du Congo qui sont inadmissibles, insupportables« , a dit François Hollande au siège des Nations unies, à New York le 20 septembre dernier.

« Nous ne savons pas encore le nombre de morts mais ce qui est incontestable, c’est qu’il y a des victimes et qu’elles ont été provoquées par des exactions venant de l’Etat congolais lui-même« , a-t-il ajouté devant la presse.

Même son de cloche du côté des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la Cour Pénale Internationale et même du côté des Nations Unies où, dans un communiqué parvenu à Politico.cd le même 20 septembre, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein affirme avoir reçu des rapports indiquant que la Garde républicaine, l’ANR et la Police avaient mené des raids contre des civils à Kinshasa, mettant aussi en garde les opposants contre des « appels à la violence »

De plus, avec la sortie de Didier Reynders, le ministre belge des Affaires Etrangères, qui a appelé à un « nouveau Dialogue plus inclusif« , le Rassemblement a depuis adopté une stature plus ouverte, réclament de nouveau un Dialogue, tout en restant, certes, catégorique quant au départ du président Joseph Kabila.

Jean-Marc Mutond, le Secrétaire général de l’UDPS, affirmait le week-end dernier sur Politico.cd que son parti était prêt à prendre part à un « ordre politique » qui pourrait diriger le pays au départ du président Joseph Kabila « dès le 19 décembre 2016« .

L’Eglise catholique, présente insiste elle aussi sur « le Dialogue », alors que les mouvements civiques Lucha et FILIMBI continuent leur pression sur le président Joseph Kabila, appelant sans équivoque à son départ.

En attendant l’intervention tout à l’heure d’Etienne Tshisekedi, les yeux restent braqués sur ces leaders de l’opposition. La Communauté Internationale, mais aussi le Pouvoir congolais attendent de l’ouverture, pour des pourparlers pouvant « éviter le chaos« , pour reprendre l’expression à un diplomatique en place à Kinshasa.

Dans les rues de Kinshasa, dans une indifférence totale, la population vaque calmement à son quotidien, mais, sur les réseaux sociaux, à lire les commentaires, on serait prêt à « en découdre » avec le Pouvoir: « vivement le 19 décembre », en appellent certains…entre peur et espoir d’une issue « sans Kabila ».

Politico

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