Elections : la présidentielle n’aura lieu qu’en 2018, selon le vice-président de la CENI

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Norbert Basengezi Kantitima

Le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Norbert Basengezi Katintima, a déclaré que l’élection présidentielle sera retardée jusqu’en 2018, suscitant la colère des dirigeants de l’opposition qui réclament le départ du président Joseph Kabila cette année.
La CENI « n’a pas convoqué des élections en 2016 car le nombre d’électeurs est inconnu », s’est expliqué le vice-président jeudi devant un parterre de journalistes à Pretoria, la capitale sud-africaine. L’inscription des électeurs a commencé dans certaines régions du pays, et la commission mettra à jour la liste des électeurs en juillet 2017, a-t-il révélé.

Le Dialogue faute de mieux ?

La RD Congo n’a jamais eu une transition pacifique du pouvoir. L’élection présidentielle, qui avait été prévues pour avoir lieu en novembre, a été retardée parce que le gouvernement a affirmé ne pas être en mesure de les organiser par faute de moyens financiers. Les partis d’opposition ont accusé le président Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat actuel se termine en décembre, de retarder le vote en vue de demeurer en fonction.

Les pourparlers entre le gouvernement et un petit nombre de partis de l’opposition, conduit par l’UNC de Vital Kamerhe, pour justement discuter du temps nécessaire à l’organisation des élections et de la structure d’une administration intérimaire dirigée par le président Kabila pour conduire le pays jusqu’à ce que les scrutins puissent avoir lieu, ont commencé le 1er septembre.

« La CENI n’a pas le droit de parler au nom du peuple congolais »

C’est la première fois que la CENI fait publiquement polémique en raison d’un aussi long délai.

« La CENI n’a pas le droit de parler au nom du peuple congolais » a déclaré par téléphone depuis Paris l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga et candidat présidentiel, Moïse Katumbi. « Les gens aspirent aux élections, cela ne devrait pas être retardé. »

Le président de l’UNC, Vital Kamerhe, n’a pas répondu à deux sollicitations d’appels demandant des commentaires du média américain « Bloomberg ».

Les principaux partis d’opposition de la RDC, dont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et le G7, une coalition de partis soutenant Moïse Katumbi, ont boycotté le Dialogue tout en exigeant le départ de Joseph Kabila.

La Commission Episcopale Nationale du Congo (CENCO), puissante communauté catholique du pays, s’est quant à elle retiré des négociations politiques après la mort d’au moins 49 civils tués par les forces de sécurité lors des manifestations anti-gouvernementales de la semaine dernière. La CENCO a appelé à des discussions plus inclusives ainsi que la mise en place des élections dans un délai d’un an.

Le défi du financement sur « fonds propres »

M. Norbert Basengezi, a reconnu que le « principal défi » du gouvernement est le financement des élections, qui coûteront environ $1 milliard. « De ce coût personne d’autre de l’extérieur n’a encore contribué », a-t-il affirmé. « Telle est la réalité et la principale contrainte», dit-il.
Plus tôt ce mois-ci, le ministre de la Justice Alexis Thambwe avait déclaré que : « La RDC va financer seule l’ensemble du processus électoral et va y mettre tous les moyens » pour empêcher toute ingérence extérieure. « C’est un défi pour notre pays car nos partenaires promettent souvent, mais ne réalisent pas », avait-il souligné.
Dimanche passé, à la tribune des Nations-Unies lors de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Raymond Tshibanda, avait réaffirmé qu’en dépit du retard enregistré dans leur préparation, les élections générales initialement prévues pour la fin de cette année seront bel et bien organisées, aussitôt que les conditions techniques le permettront sans donne plus de détails sur le délai.

Bloomberg

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