Elections américaines : Kabila tend la main à Trump !

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President Kabila looks on during signature ceremonies.

La Présidence de la RDC a réagi positivement à l’élection du nouveau Président américain, Donald Trump, qui a battu la candidate démocrate Hillary Clinton par 279 grands électeurs contre 218. Dans un communiqué signé par le Directeur de Cabinet du Président de la République, Néhémie Mwilanya, Joseph Kabila saisit l’occasion historique de la brillante élection de Trump pour lui exprimer solennellement sa disponibilité à œuvrer avec lui à l’affermissement des relations d’amitié et de coopération qui existent fort heureusement entre la RDC et les USA. Donald Trump entrera officiellement en fonction, le 20 janvier 2017. D’ici-là, les grands électeurs, par pure formalité, devraient se réunir en décembre pour valider son élection. La transition s’organise déjà. Dans une allocution d’explication, faite dans la soirée d’hier, mercredi 9 septembre, le Président Obama, le sortant, a invité son successeur ce jeudi 10 novembre à la Maison Blanche.

Une inflexion de la diplomatie américaine ?

Que peuvent attendre les Congolais de l’Administration Trump ? Le Porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, qui a hâte de voir Obama partir, espère que le Président Donald Trump ne va pas s’inviter dans les affaires intérieures de la RDC. C’est connu que l’Administration Obama insiste beaucoup sur le respect de la Constitution en RDC. Un discours qui blesse certaines sensibilités. Le Congrès américain, du reste, dominé par les Républicains, a imposé des sanctions ciblées à des dignitaires du régime accusés de fossoyer la démocratie. Des mesures qui n’arrangent pas le pouvoir congolais. Protectionniste, Trump, pendant la campagne électorale, a promis de se désengager de la scène internationale.

Le bourbier congolais

Dans les rues de Kinshasa, les réactions sont perplexes. Surtout que l’élection de Trump arrive à un moment particulier de l’histoire politique de la RDC. En principe, le second mandat du Président de la République prend fin le 19 décembre 2016. Contrairement aux USA, les élections n’ont pas été organisées pour diverses raisons. Le pays est, depuis lors, plongé dans une crise née de la non-organisation des élections. Le 18 octobre dernier, un Accord politique a été conclu entre la Majorité Présidentielle et certains partis de l’Opposition politique. Un Accord qui reporte l’élection présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales en 2018. Problème, cet Accord ne fait pas l’unanimité dans le microcosme politique rd-congolais. Les partis d’Opposition, réunis au sein du Rassemblement mené par Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, continuent, ignorant les appels des Chefs d’Etat de la CIRGL, à exiger la tenue d’un nouveau dialogue sur la gestion et la durée de la période transitoire.

Ce que ne veulent justement pas entendre parler les signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 qui maintient le Président Kabila aux affaires jusqu’à la prochaine élection.

Dans cet Accord, l’Opposition dialoguiste s’adjuge la Primature. Devant l’impasse, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a décidé de jouer à la médiation dont les résultats se font attendre. La démarche de la CENCO est très soutenue par l’Ambassade des USA à Kinshasa. Il y en a qui pensent que Trump se montrera peu regardant sur les questions de droits de l’homme ou de démocratie. On craint, alors, que s’il n’existe plus personne pour encourager la démocratie ou arrêter ceux qui violent les droits de l’homme, un chaos imprescriptible s’installera à travers le monde.

Des leçons

L’élection de Donald Trump a fait l’effet d’une bombe dans le monde, au regard de son caractère sulfureux et des déclarations tapageuses. Mais, elle symbolise la soif de changement du peuple américain. Les Britanniques se sont exprimés à l’occasion du Brexit. Un peu partout, dans le monde, les peuples aspirent au changement. Malgré le manque d’expérience politique de Trump, l’Administration Obama qui a ouvertement soutenu Hillary Clinton, n’a pas tronqué la volonté du peuple exprimée dans les urnes. Une fois de plus, l’Amérique a donné une bonne leçon de démocratie au monde entier.

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