Dialogue : un mois déjà…où en sommes-nous?

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Kamerhe - Edem Kodjo

Le dialogue politique congolais en cours démarré le 1er septembre 2016 à la cité de l’Union africaine, a totalisé exactement un mois le samedi 1er octobre courant. Selon le facilitateur togolais Edem Kodjo, lors de son mot d’ouverture de ce forum, il était prévu que ces assises ne durent que deux semaines, soit du 1er au 14 septembre, afin de ne pas perturber les travaux parlementaires dont la session budgétaire a commencé le 15 septembre 2016.

Contre toute attente, les travaux se sont prolongés de deux semaines, ce qui certifie que les uns et les autres ne parviennent pas à arrondir leurs angles pour trouver un consensus et aller de l’avant. On est donc loin de trouver une issue susceptible de décanter la situation.

Premièrement, ce dialogue souffre, jusqu’à ce jour, de réunir tous les courants politiques. Le Rassemblement, la plus grande plateforme de l’Opposition, demeure en dehors de la cité de l’Union africaine. Non seulement son leader, Étienne Tshisekedi, a récusé le facilitateur, mais aussi, ses préalables n’ont été rencontrés qu’à moitié. Si quelques médias de proches de l’Opposition ont été rouverts, plusieurs prisonniers politiques restent encore en prison. Parmi eux, Diomi Ndongala et Jean-Claude Muyambo. Pour le cas de Diomi, les instances gouvernementales ont justifié cette situation, notamment, par le fait que les crimes sexuels sont imprescriptibles. “La RD Congo étant étant étiquetée capitale mondiale du viol, libérer un condamné pour viol ne ferait que confirmer ce paradigme…”, avait indiqué le ministre de la Justice, en son temps.

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Pendant que le regroupement des partis et plateformes politiques de l’opposition exige, en vain, la cessation des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi, et dénonce les dédoublements des partis de l’Opposition, les participants au Dialogue affirment haut et fort que l’inclusinvité est belle et bien effective. “On parlerait de l’exclusion si certaines personnes étaient interdites de participer, mais nous avons affaire à ceux qui refusent volontairement d’y participer. C’est de leur droit, c’est aussi ça la démocratie… “, a fait noter Me Baudoin Mayo, cadre de l’UNC.
Point de vue balayé par l’opposition qui affirme que dans le souci de décrisper l’environnement politique pour que le dialogue ait lieu dans un climat plus ou moins apaisé, le gouvernement et la MP doivent tenir compte de leurs préalables.
Outre l’absence du Rassemblement, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba ne prend pas non plus part à ce grand rendez-vous politico-historique de la République démocratique du Congo. De même, des personnalités telles qu’Albert Moleka de l’UDPS/Kibassa, Jean-Bertrand Ewanga ou encore André Claudel Lubaya ont dû quitter ce forum, constatant le manque l’inclusivité.
Après, s’en est suivi le départ de la Société civile dont le porte-parole est Jonas Tshombela, avait suspendu sa participation pour cause de vandalisme de son siège à Kinshasa.
Enfin, c’est la grande église catholique qui a suspendu sa participation, insistant sur le respect de la Constitution en ce qui est de l’alternance au sommet de l’État et la limitation des mandats présidentiels.
Bien avant, l’Opposition conduite par Vital Kamerhe avait également claqué la porte avant de revenir sur sa décision, de même que Léon Kengo wa Dondo et son Opposition Républicaine.

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Le week-end dernier, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa, a pris son courage pour annoncer que, techniquement, sa structure ne pourra organiser la présidentielle qu’en novembre 2018.

Véritable bombe tombée dans les oreilles de ceux qui tiennent au respect de la Constitution. A ce sujet, faut-il le rappeler, plus de 50 personnes sont mortes les 19 et 20 septembre derniers pour cette cause.

Il ne reste plus que les délégués au dialogue puissent endosser l’accord politique dont le projet leur a été soumis depuis la semaine dernière par l’ancien 1er ministre togolais désigné facilitateur par l’Union africaine.

Mais la plus grande question est de savoir si les résolutions qui y seront issues seront opposables à tous. Car, déjà, le Rassemblement qui tient son conclave dès ce mardi, dit ne pas être concerné par ces conclusions. Pour cette plateforme, le calendrier de Joseph Kabila comme président de la République s’arrête, cette année, le 19 décembre.

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